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Vivaldi

Vivaldi

  • Date de début : 16/02/2023
  • Heure de début : 20:00:00
  • Lieu : Strasbourg, St-Guillaume
  • : 10,00 €

Musiciens

Programme

L’Olimpiade
Siam navi all’onde 

Griselda
Vede orgogliose
Agitate da due venti

La Fida Ninfa 
Alma oppressa

Arsilda
Chi alla colpa fa tragitto

Tito
Se il cor guerriero

Farnace
Gelido


Ce programme réunit les deux sphères géographiques auquel notre ensemble est particulièrement attaché à savoir l’Italie et l’Allemagne, à l’aube du 18ème siècle. Deux compositeurs, Vivaldi et Bruhns que la virtuosité et le stylus fantasticus réunissent dans un langage commun, celui du théâtre à l’église, de l’exubérance et de l’émotion à fleur de peau sont au cœur de cette production.

L’époque baroque théorise pour la première fois les Passions de l’âme, notamment par l’entremise de René Descartes. Parmi ces dernières, le sentiment amoureux tient une place de premier choix. Il irrigue les livrets de la majorité des opéras et créations des 17e et 18e siècles. Il est le levier des intrigues et des drames musicaux. Chaque culture, chaque esthétique exprima ces tourments selon son propre langage. Notre souhait a été de réunir deux compositeurs, dont le langage exprime justement avec la même force, la même intensité le déchirement et la folie amoureuse : Bruhns et Vivaldi. A ce titre, le style italien influença fortement une part de la sphère germanique en cette toute fin de 17ème siècle, donnant naissance à ce style opératique « à l’église » dénommé stylus fantasticus et dont Buxtehude ou Bruhns furent les plus grands représentants, impressionnant le jeune J.S. Bach.

Bruhns, le Pergolèse allemand ?
Le même destin tragique unit ses deux compositeurs morts très jeunes. Nikolaus fut non seulement un organiste mais également un violoniste remarquable. Tout comme Pergolèse, il ne laisse qu’un corpus d’œuvres peut important mais d’une très grande valeur, démontrant non seulement une grande virtuosité mais également un sens de l’efficacité d’écriture. Appliquant à la lettre le plan de rhétorique musicale dans ses œuvres d’orgue, ces dernières sont d’une originalité et d’une richesse d’invention rare. Elles sont la synthèse même de l’art baroque réunissant contrastes, clair-obscur, effets d’écho et tenant l’auditeur en haleine à chaque seconde. La dissonance y est, à ce titre, traitée à la manière doloriste italienne et les figuralismes musicaux y sont pleinement maitrisés.

Les années 1730 : Vivaldi et ses chefs-d’œuvre
L’Olimpiade, Griselda, La Fida Ninfa

Francesca interprète dans ce programme les plus grandes héroïnes des opéras vivaldiens. Ceux-ci correspondent à la période de maturité du compositeur car le Prêtre roux ne débuta sa carrière opératique qu’à l’âge de 35 ans. Par ailleurs, s’étant fait beaucoup d’ennemis, sa situation à Venise n’était pas simple. Ce n’est pas sans raison qu’il dut quitter la Sérénissime pour Vienne en fin de carrière, trop de portes lui étant verrouillées. Cependant, durant les années 1730, il composa quelques-uns de ces plus beaux opéras, véritables chefs-d’œuvre d’équilibre. Nous avons ainsi choisi 3 grandes héroïnes qui expriment chacune de façon différente le sentiment amoureux et dont rafolait toute l’aristocratie italienne et autrichienne. La Finda Ninfa (1732) est ainsi l’exemple type du marivaudage. Le personnage de Lycoris que chante Francesca est une jeune fille enlevée par Oralto qui n’aura de cesse de courir entre plusieurs prétendants dans une intrigue aux multiples rebondissements. La princesse Aminta, en revanche dans l’Olimpiade est l’exemple des joutes amoureuses violentes. Son air « Siam navi » est l’une des plus belles réalisations de Vivaldi dans l’expression juste des émotions. Ce rôle fut créé par un castrat, Mariannio Nicolini. Voici ce que nous rapporte le français Charles de Brosse qui assista à la création : « Mariannio, avec six pieds de haut, jouant un rôle de femme sur le théâtre Argentino : c’est la plus grande princesse que je verrai de nos jours. »

Costanza est l’image même de l’amour impossible dans Griselda. Cet opéra qui fut commandé par la famille même de Maria Margherita Grimani à Vivaldi, suite au succès de l’Olimpiade. Fille du roi de Thessalie et d’une bergère, elle fut exilée par son père dont le peuple refusait d’une bergère pour Reine. Or, le roi ayant finalement répudiée sa femme, c’est sa fille (il l’ignore) qui lui est proposée pour femme alors même qu’elle est amoureuse de Roberto, un drame se profile…

Question de genre : homme ou femme ?
La période baroque, à l’image du Carnaval de Venise, est l’ère des travestissements. Farnace, roi est joué par une femme soprano, la princesse Aminta est jouée et chantée par un castrat. L’opéra baroque nous montre ainsi que la notion de genre n’est pas aussi claire, évidente et nécessaire que cela puisque tout est interchangeable, in fine entre castrat, contre-ténor, soprano, mezzo-soprano. On ne sait plus qui est homme ou femme.